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Kilwa ne cessait d'éblouir
"Parfois, je me dis que je suis née avec la ville. Kilwa ne cessait de croître et d’éblouir. Les boutres arrivaient au rythme des vents et déversaient leurs cargaisons de perles et de bijoux, de porcelaines et d’étoffes, d’ambre gris, de bois et de parfums que l’on entassait dans les entrepôts du palais. Mais ce qui faisait la richesse de la cité, c’était une poussière qui arrivait dans des sacs de peau et des calebasses. Parfois, elle prenait la forme de pépites, brillantes


Deux rives, deux femmes : Anne de Bretagne et Aïsha de Kilwa
24 juin 2026. Née à Guérande, j'ai grandi dans une famille attachée à la mémoire bretonne. Très tôt, j'ai découvert l'histoire d'Anne de Bretagne, cette femme qui dut affronter les tempêtes de son temps pour préserver l'identité et l'autonomie de son duché, à l'heure où le monde médiéval basculait vers une nouvelle époque. Anne de Bretagne Horae ad usum Romanum, dites Grandes Heures d'Anne de Bretagne par Jean Bourdichon (1457-1521), 1505-1510. Il m'a fallu parcourir plusieur


La mer aux mille noms
30 mai 2026. Avant d’être « l’océan Indien », cet immense espace maritime a porté d’autres noms, disparus aujourd'hui des cartes et des récits. Dans l’Antiquité, les Grecs et les Romains l’appelaient la Mer Érythrée, du grec Erythra Thalassa littéralement « mer rouge » (erythrà = rouge). C'était un vaste espace maritime comprenant la mer Rouge actuelle, le golfe d’Aden, la mer d’Arabie et les routes menant jusqu’aux côtes occidentales de l’Inde. Le célèbre Périple de la mer


Habiter la mer, suivre les routes
8 mai 2026. Cherchez Kilwa Kisiwani sur une carte et vous verrez. Une île au ras de la côte tanzanienne, posée au bord d’une vaste surface bleue : l’océan Indien. Une étendue de lumière mouvante, où le bleu passe du turquoise des lagons à celui profond des grandes eaux, traversée par les vents des moussons qui, depuis des siècles, rythment les départs et les retours. Près de quarante pays en bordent les rivages. Et au cœur de cet espace, des milliers d’îles, plus de 10 000, d


Une cité tombée dans l'oubli
18 avril 2026. Et si l’Afrique de l’Est n’était pas seulement attractive pour ses félins et ses pachydermes, pour sa spectaculaire sauvagerie préservée, qui attire chaque année des milliers de regards ? Et si, derrière cette évidence, se cachait un autre récit, plus discret, mais tout aussi essentiel ? Car en tournant les yeux vers la savane, nous avons souvent laissé la mer dans l’angle mort. Et avec elle, une autre histoire : celle de villes, de ports, de savoirs, de circul


Kibera
" Je retournais à Kibera ce matin avec un regard plus lucide, ouvert et bienveillant. La petite Tahira courut vers moi et me montra sa jambe encore blessée mais elle riait de tout son corps, entourée d’une horde d’enfants en liesse. Elle me tira par la manche vers une ruelle puis me montra fièrement l’échoppe de sa tante Zarah, une simple baraque en tôle rouillée avec en lettres blanches peintes Duka la Tumaini , la boutique de l’espoir. (...) "Ma posture d’humanitaire, cens


Derrière l'écume
"J’aimais regarder le ruban blanc de l’écume que formaient les vagues en se jetant sur le récif. Il découpait la mer en deux bandes turquoises peuplées des mêmes poissons qui se nourrissaient sur la matrice de corail. Là, c’était un autre monde que je n’avais jamais vu mais qu’on disait peuplé d’autres créatures qui respiraient de l’eau et portaient toutes les couleurs des fleurs qui n’existaient pas sur terre. Les pêcheurs en ramenaient parfois des poissons luisants comme de


Shiraz, Kilwa - l’origine ou le vent ?
La Perse est bien là dans les récits de Kilwa. Mais elle n'est jamais seule.


Matin sur la mangrove
"Le soleil se levait doucement sur la mangrove rasant les palétuviers. Les buissons s’illuminaient lentement de verts chatoyants teintés de reflets dorés. L’espace se remplissait progressivement de lumière, gonflé par les chants des oiseaux. Un par un, ils entraient dans le grand concert du matin ouvert depuis le sable de la rive par les courlis de mer. (...) Tout en bas je regardais la longue danse des hérons qui lissaient leurs plumes, puis étiraient leurs long cous argenté
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